[Article invité] Explication des taxes sur les paris en ligne

Note : Cet article est un article invité écrit par Chris et Julien du blog on parie

Présentation :

On-Parie.fr a été lancé par deux passionnés de Paris au parcours quasi similaire : Chris 26 ans marseillais, Julien 25 ans lillois. Les deux compères ont débuté dans les paris sportifs à leur majorité avec BetAndWin (Bwin), Gamebookers puis se sont orientés vers des bookmakers plus professionnels comme Bet365, Pinnacle ainsi que Betfair pour le trade. Au jour d’aujourd’hui, Chris vend ses talents à des sites de tips payants pendant que Julien qui vient de finir son premier contrat chez un bookmaker a décidé de se lancer à plein temps dans les paris.

Explication des taxes sur les paris en ligne

Alors que Joa-Online ouvre ses portes avec un nouveau bonus de 100 euros, un nouveau bookmaker ARJEL a annoncé son retrait : Paris365.fr. Après le bookmaker du groupe Amaury “Sajoo” et Eurosportbet, il s’agit tout simplement du 3ème bookmaker a arrêté ses activités. La raison? Le site Igaming vous l’annonce par les propos d’un employé de Paris365 : « une taxation inadaptée qui nous empêche non pas de nous développer mais de survivre ».

Revenons sur ce problème de taxation souvent évoqué mais jamais précisément détaillé. Le texte de loi impose une taxation sur les mises, ainsi à chaque fois qu’un joueur prend un pari, l‘état perçoit 8,5% et la fédération française du sport concerné (si le lieu de l’évènement est en France) perçoit entre 0,5 et 2% du montant des mises (que le pari soit perdant ou gagnant). Le total des taxes sur les mises est donc grosso modo de 10%. Prenons un exemple concert : un joueur qui mise 100 euros sur la victoire du PSG contre Ajaccio @ 1.11 coutera quel que soit le résultat du match 10,5 euros en taxes (8,5 pour l’état, 2 à la fédération française de foot).

Pour se faire une meilleure idée du préjudice de ces taxes, analysons le bilan d’un parieur bien connu : Maxence Rigottier.

Voici son bilan 2012 :

Pari N°8 entre Chievo et Inter Milan : + 156€
Pari N°7 entre Nancy et Lyon : -200€
Pari N°6 entre Brest et Marseille : -200€
Pari N°5 entre Lorient et Lille : + 240€
Pari N°4 entre Evian et Marseille : Match reporté
Pari N°3 entre Marseille et Lyon : + 150€
Pari N°2 entre Arsenal et Manchester United : + 280€
Pari N°1 entre Swansea et Arsenal : –200 €

Total : +226€
Total misé : 1600euros

Pour l’ensemble de ses paris 2012, Maxence a généré 226 euros de profits ainsi que 10,5% de son total misé (1600 euros) soit 168 euros de taxe. Ainsi, s’il avait joué l’ensemble de ses paris chez le même bookmaker, ce dernier aurait du payer 168 euros de taxe plus les bénéfices de Maxence 226 soit un total de 394 euros.
Imaginons maintenant que le prochain pari de Maxence de 200 euros soit perdant, ce que l’on ne lui souhaite pas. Son nouveau bilan sera de +26 euros et le montant des taxes de 189 euros. Nous avons pris cet exemple pour montrer que même si le parieur ne gagne pratiquement pas d’argent, il en coûte pourtant au bookmaker qui lui est déficitaire.

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Les bookmakers en crise 1

 

Par ailleurs, la société de paris en ligne doit faire face à d’autres frais : frais de personnel, frais publicitaires comme les bonus qui augmentent son déficit. Vous allez alors me dire, quel est l’intérêt pour eux d’avoir demandé une licence en France? Et bien, c’est assez simple. Les gros bookmakers que sont Betclic, Bwin etc. espèrent un changement de taxation. Cela a déjà été évoqué et le sera à nouveau lors de la révision de la loi sur les jeux en ligne prévue dans quelques mois. Les opérateurs comptent passer d’une taxation sur les mises à une taxation sur le produit net du jeu, en d’autres termes sur les pertes du joueur. Si cela été appliqué, le bookmaker devra reverser un certain % des pertes du joueur à l’état et à la fédération française du sport concerné.

Enfin dernière question légitime : Pourquoi les bookmakers ont accepté de prendre la licence s’ils attendent le changement de taxation ?

Il faut savoir qu’obtenir une licence de l’ARJEL permet de faire de la publicité dans l’hexagone, un bookmaker n’ayant pas cette licence ne peut se le permettre (c’est entre autre pour cela qu’Unibet a disparu des maillots du PSG il y a 2 ans, il n’avait à cette époque pas la licence de l’ARJEL). Ainsi, les Bwin and co ont un avantage sur les bookmakers qui entreront après ce changement de taxation (on évoque Sportingbet), ils auront déjà une grosse partie des joueurs français qu’ils auront fidélisé, un très sérieux avantage qui mérite bien quelques mois de pertes !

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11 réponses
  1. Maël
    Maël dit :

    Bonsoir et merci pour cet article très intéressant!

    Je ne maitrisais pas vraiment les histoires des taxes chez les bookmakers, maintenant c’est bien plus clair.
    Je comprends que ces derniers souhaitent un changement de la loi!

    Je ne connaissais pas votre site On-Parie.fr, voilà c’est ajouté aux favoris!

    à+

    Maël

    Répondre
    • Maxence RIGOTTIER
      Maxence RIGOTTIER dit :

      Bonsoir Maël,

      Pour ma part, je l’ai trouvé également très intéressant
      cet article. C’est dans ces moments là qu’on s’aperçoit
      que les parieurs doivent perdre beaucoup d’argent pour
      qu’un bookmaker puisse en gagner
      . 😉

      Excellent article de leur part en tout cas.

      Répondre
  2. nicolas
    nicolas dit :

    Excellent article, qui nous éclaire sur un point qui était jusque là assez flou pour la plupart d’entre nous je pense. Vivement que cette situation évolue.
    A très vite

    Répondre
    • Maxence RIGOTTIER
      Maxence RIGOTTIER dit :

      Bonjour Nicolas,

      Exactement, c’est un point que personne ne parle mais qui montre une nouvelle fois
      qu’il faut absolument un changement de la réglementation des paris sportifs en
      France très rapidement. Les joueurs sont pénalisés et les bookmakers aussi. Tout le monde
      est perdant. 🙁

      Répondre
      • Chris
        Chris dit :

        Tout à fait, pour le moment le modèle n’est viable pour personne. Les opérateurs espéraient que la révision de la loi promise avant 2012 soit effective mais le ministre du budget a annoncé qu’il n’y aurait rien de changé avant les élections.
        Pour l’instant ils se réfugient tous derrière l’argument que la France n’a pas une culture du pari sportif pour expliquer la mauvaise santé du secteur plutôt que de poser réellement le problème du taux de retour joueur et des taxes sur la table.

        Répondre
  3. Geoffrey
    Geoffrey dit :

    Bonjours à tous

    Je ne savais absolument pas sa, cet article m’ouvre un peu les yeux sur certaines choses. Peut etre pour sa que Malte est mieun non ???

    Comme partout l’état fourre son nez 🙂

    Bonne journée

    Répondre
  4. JOSEPH
    JOSEPH dit :

    Bonjour Maxence,
    Comme à ton habitude les choses sont dévoilées sans ambages.
    En effet la taxation est un sujet sensible en France….
    Question : Dans le cas où un bookmaker disparaît du marché par banqueroute, quel sort est réservé à notre “petit” fonds de roulement ?
    A-t-il obligation de nous rembourser ?
    Bonne journée et continue en prenant soins de toi.
    JG

    Répondre
    • Chris
      Chris dit :

      Logiquement l’ARJEL oblige les bookmakers qui se lancent sur le marché français d’avoir le capital nécessaire sur un compte en France au moins égal à l’ensemble des sommes déposées par les parieurs, tout le monde s’était posé la question avec les histoires de Poker Stars et Full Tilt Poker à l’époque.
      Ceci dit pour nous parieurs sportifs, une faillite de Bwin/Betclic/FDJ/Unibet/Joa/Partybets/PMU n’est pas envisageable. Ce sont d’énormes groupes.

      Répondre
  5. Philippe
    Philippe dit :

    Bonsoir,

    Je ne suis pas du tout d’accord sur la raison qui pousse les books à “fermer boutique”. En effet le niveau de taxation sur les paris sportifs en France doit être un record car on est les champions de la ponction fiscal, mais cette différence de taxe avec les autres pays d’Europe est répercuté sur les joueurs car les books ajustent leur côtes en fonction aussi du contexte fiscal(ce qui explique les côtes ARJEL lamentables).
    Par contre ce qui peut expliquer la difficulté des books à s’installer chez nous est tout simplement le coût du travail en France(charge sociales) et taxes diverses.

    Cordialement.

    Philippe

    Répondre
    • Chris
      Chris dit :

      Bonsoir Philippe,
      Oui le coût du travail est rédhibitoire pour les groupes voulant proposer leur activité sur le sol français, mais ce n’est pas tout. La différence de taxe répercutée sur les joueurs comme tu le précises ne l’est pas uniquement sur nous, car indirectement le bookmaker va perdre des clients. Beaucoup de joueurs abandonnent les paris à cause des cotes (taxes) imposées par l’arjel et la santé du bookmaker en est affectée.

      Répondre

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